Les dernières élections professionnelles montrent encore un désamour des salariés pour leur représentation syndicale. Il est toutefois difficile d’évaluer précisément cette relation entre les salariés et les organisations syndicales.

Pour la seconde fois en 2017, le ministère du travail a réalisé une « mesure d’audience » en agrégeant les scores des organisations syndicales lors des diverses élections professionnelles.
Sur l’ensemble de ces élections, 5.6 millions de salariés se sont exprimés sur un total de 13.2 millions d’inscrits sur les listes électorales des entreprises dont les PV d’élections sont pris en compte.

On obtient donc, globalement, une participation d’environ 42.8% des inscrits aux élections professionnelles.

Mais si l’on analyse les résultats en fonction des différentes élections qui ont été mesurées, les données sont fort disparates.

Ces mesures ont été faites sur trois scores enregistrés lors des :

  • Elections professionnelles dans les entreprises de plus de 10 salariés entre 2013 et 2016
  • Elections professionnelles dans les TPE et PME de janvier 2017
  • Elections des chambres d’agriculture de 2013

Si l’on prend l’exemple des entreprises de petite taille, TPE et PME, dont les élections ont été mesurées de décembre 2016 à janvier 2017, c’est un fort désintérêt pour ce scrutin qui est révélé.
Pour cette catégorie, 330 000 salariés ont voté sur un total de 4.5 millions soit à peine 7.35%. Dans les petites entreprises, cette élection permettait pourtant aux salariés de participer aux commissions paritaires régionales.

Manque d’information, vote pendant les fêtes ? La raison de cette abstention massive n’est pas connue.

Par ailleurs, s’agissant de l’adhésion à des organisations syndicales, la situation ne reflète pas non plus une forte attractivité des syndicats.

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Selon l’étude de la DARES de 2016, 11% des salariés français sont syndiqués. 8.5 % dans le privé et 19.4 % dans la fonction publique.

De même, la taille des entreprises joue un rôle. A moins de 50 salariés, une entreprise privée compte 5% de syndiqués contre 11 à 14 % pour les entreprises de plus de 50 salariés.

Enfin, on notera que plus le salarié est jeune et moins il est syndiqué. Les moins de 30 ans, par exemple ne se syndiquent qu’à hauteur de 3% dans le privé.

La comparaison avec nos voisins européens révèle des écarts assez importants puisque la Finlande, la Suède, le Danemark ont des taux de syndicalisation de plus de 60%. La France, avec ses 11% est presque dernière, juste avant la Lituanie et l’Estonie avec 10%.

Ces données sont, enfin, globalement stables depuis des décennies : il n’y a pas de tendance nette à la baisse ou à la hausse des taux de participation aux élections professionnelles et de syndicalisation. Or, ces taux objectivement faibles pour, au moins, le plus grand nombre des entreprises (les plus petites) posent la question de l’encouragement au dialogue social et de l’amélioration de la représentativité syndicale.

Sources :

https://www.elections-professionnelles.travail.gouv.fr/resultats

http://dares.travail-emploi.gouv.fr/dares-etudes-et-statistiques/etudes-et-syntheses/dares-analyses-dares-indicateurs-dares-resultats/article/la-syndicalisation-en-france

Nous reviendrons rapidement sur ce sujet avec un article de fond sur les relations entre syndicalisme et politique