Auteur : Frédéric Descrozaille

Harcèlement et respect des personnes : l’adieu à « mademoiselle »

L’actualité récente, à l’occasion de « l’affaire » Harvey Weinstein et depuis, a replacé au centre des débats la question du respect des personnes de sexe féminin. Au-delà de l’enjeu de l’égalité homme-femme, c’est une culture, un système de représentations du monde dont il s’agit. Se fissure de plus en plus souvent, et de plus en plus franchement, un système de relations scandaleusement tolérant envers des pratiques, des repères et des codes de langage humiliants, intimidants voire tout bonnement violents. Ce système s’enracine probablement dans une ancienne conception des rôles masculin et féminin, patriarcale, décrite notamment de façon passionnante par Bourdieu...

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AGRICULTURE ET ALIMENTATION : CRIER AU LOUP NE PROUVE PAS QU’IL EST LÀ – Réponse à M-E Leclerc

Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas entendu Michel-Edouard Leclerc crier au loup. Reconnaissons qu’il fait cela très bien. C’est dans l’ADN de son entreprise : un positionnement marketing sur le créneau du combat ou, plus exactement, de la résistance. Un très joli mot de la langue française, chargé d’une symbolique puissante et positive. Ainsi Leclerc résiste-t’il contre la tendance aux profits abusifs qui coûtent cher au consommateur et, s’il n’en reste qu’un, il sera celui-là ! Qu’on se le dise. La vérité est tristement tout autre. Son indignation face à l’idée de relever le SRP (Seuil de vente à perte… calcul du prix en-deçà duquel il est interdit de mettre en marché, pour que la puissance financière du metteur en marché ne lui permette pas une agressivité dévastatrice en matière de compétitivité – prix, ce qui est très exactement le créneau de Leclerc) de 15% consiste à faire croire à tout le monde que cette hausse aura un impact direct sur les prix à la consommation. Mais c’est inexact… cela aura essentiellement de l’impact, en réalité, sur les promotions. C’est sur la base de cette chose technique et jargoneuse, le « SRP », qu’est calculé le prix de vente d’une promotion faite pour attirer le chaland. Il n’est pas question de relever « les prix à la consommation » : parler en ces termes, c’est spécieux – pour ne pas dire malhonnête. Il est question de...

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Obligation vaccinale : Qui a peur de Virginia Woolf ?

La polémique autour de l’annonce par le gouvernement d’une obligation vaccinale portée à 11 vaccins contre 4 aujourd’hui a des allures d’hystérie. J’ai découvert, depuis mon élection le 18 juin dernier, que les élus de la Nation étaient abreuvés de messages d’alerte stupéfiants dans le ton aussi bien que la teneur. On cherche à nous affoler sur le thème de la démocratie en danger, de la criminalité d’une industrie cupide et meurtrière ou d’un complot d’autant plus redoutable qu’il est parfaitement indéterminé, sur l’air du « on nous cache tout, on nous dit rien. » Le plus étonnant dans cette avalanche de témoignages est le contraste entre le sujet – scientifique s’il en est – et la façon de l’aborder – avec passion et outrance. Dans l’espoir que la présente prise de position m’épargnera la démesure de ces prises à partie, je m’efforce de rétablir de l’exactitude, de la pondération et de la rigueur dans le débat. C’est une gageure parce que nous avons essentiellement affaire à une émotion : la peur. La peur du nombre, tout d’abord. On passe de 4 à 11 vaccins. Que n’a-t-on entendu, comme sottises, sur la sollicitation déraisonnable de notre pauvre système immunitaire, agressé par l’injection de petites choses nocives tout exprès pour le mettre à l’épreuve… rappelons ici quelques données qui ne relèvent ni de l’opinion ni de la croyance, mais qui sont avérées parce...

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Le guidon et l’horizon

Décidément, le pas-de-temps du commentaire n’est pas superposable à celui de l’action : le guidon à l’horizon. En cette rentrée, il est excessivement question de la chute de popularité du Président de la République. C’est un prisme qui est appliqué à la question des sénatoriales, à celle de l’agenda du gouvernement, à n’importe quel sujet de politique intérieure. On découvre que même outre-Atlantique, tel intellectuel se fend d’une prétendue analyse de la situation française et se fait fort de nous expliquer ce que sont le « macronisme » et ses faiblesses. Quelle présomption navrante… faut-il avoir le nez dans le guidon pour en arriver là ! Il n’y a pas quatre mois, les mêmes commentateurs rivalisaient de superlatifs pour évoquer la performance historique d’un président de la République élu à 39 ans, sur la base d’un mouvement citoyen qui n’existait pas un an plus tôt. Mais au rythme des media, ce qui est qualifié d’historique a la même durée de vie que celle de n’importe quel point d’exclamation : la durée d’une ponctuation. Schneidermann, à l’aide : décodez-nous les ressorts de cette cadence imbécile qui bloque toute tentative de se projeter. Nous vivons dans une accélération permanente qui est une entrave à toute prise de conscience. Toute décision, toute action n’est envisagée qu’à l’aune d’un résultat qu’elle est censée être en elle-même. C’est un empêchement de comprendre, de mettre en perspective, de donner du...

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